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Un impôt de pandémie pour les grandes compagnies qui ont bénéficé de la crise rapporterait 8 milliards $

Ce sont 7,9 milliards $ qui pourraient être obtenus en instaurant un impôt spécial sur les bénéfices exceptionnels encaissés par les grandes entreprises grâce à la crise, selon les calculs du Directeur parlementaire du budget (DPB). Une telle mesure fiscale est réclamée depuis des mois par l’opposition à Ottawa, puisque la pandémie a engendré des coûts importants et contribué à creuser les inégalités au pays.

Il serait possible d’aller chercher tout près de 8 milliards $ en nouvelles recettes budgétaires au Canada, selon un nouveau rapport du DPB. Il suffirait d’appliquer un taux d’imposition supplémentaire de 15% aux profits qui ont dépassé les prévisions en 2020, pour les compagnies dont le chiffre d’affaires est de plus de 10 millions $.

Les revenus de ces grandes entreprises ne sont normalement imposés qu’à hauteur de 15% : la mesure sur laquelle s’est penché le DPB suppose donc une imposition de 30% sur les revenus exceptionnels. Tous secteurs confondus, les bénéfices additionnels réalisés par les grandes compagnies canadiennes qui ont profité de la crise s’élèvent à près de 53 milliards $, a calculé le DPB.

Les 8 milliards $ que rapporterait un impôt spécial permettraient d’éponger une petite partie des 366 milliards $ qu’a coûté la pandémie au fédéral.

Le DPB rappelle que pour optimiser les effets positifs d’une hausse d’impôt, même temporaire, il est important de l’accompagner de mesures visant à lutter contre les stratagèmes d’évitement fiscal. Toutefois, une récente étude indiquait que l’idée répandue selon laquelle une hausse d’impôt pour les plus riches conduirait à une baisse de revenus pour l’État est un mythe, même s’il reste toujours avantageux de prévenir l’évasion fiscale.

Le rapport du DPB fait suite à une demande du député néodémocrate Peter Julian, qui souhaitait obtenir des chiffres précis sur le sujet. Son parti défend en effet depuis des mois l’idée d’un impôt spécial de pandémie sur les « bénéfices faramineux » que certains ont encaissés depuis le début de la crise. Le Nouveau Parti démocrate (NPD) propose aussi une taxe spéciale de 1% sur les grandes fortunes de plus de 20 millions $, une mesure qui rapporterait 10 milliards $ et qui est appuyée par les trois quarts des Canadiens.

« Les grandes entreprises ont reçu beaucoup d’aide et nous les avons vues prendre l’argent public puis […] payer leurs actionnaires ou augmenter le salaire de leurs dirigeants. »

Jagmeet Singh, chef du NPD

La crise économique engendrée par la pandémie a creusé les inégalités économiques au Canada et au Québec. Qui plus est, de nombreuses compagnies qui ont bénéficié d’un soutien financier de l’État en ont même profité pour offrir des bonus aux dirigeants tout en coupant dans les avantages offerts aux travailleurs essentiels.


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