Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor Image : CPAC

Nouvelle offre salariale : la CAQ pousse les travailleurs du secteur public vers la grève

Le gouvernement Legault refuse d’améliorer véritablement ses offres aux employés des services publics : dans sa nouvelle proposition, il maintient des offres insuffisantes, déjà rejetées par les travailleurs. Exaspérés, ceux-ci se préparent à multiplier les grèves.

Au lendemain d’une première journée de grève dans les cégeps de la province, le gouvernement Legault a présenté mercredi une nouvelle offre aux 550 000 employés des services publics qui sont en négociation pour le renouvellement de leurs conventions collectives, échues depuis maintenant un an. Toutefois, la proposition déposée en grande pompe par la présidente du Conseil du Trésor, Sonia Lebel, est très similaire à celle qui avait déjà été refusée par les travailleurs il y a maintenant dix mois, en mai dernier.

L’offre faite par le gouvernement se limite toujours à une augmentation salariale de 5% sur trois ans, ce qui ne permet pas de rattraper le retard salarial des employés du secteur public par rapport à l’ensemble de la population. Une majoration d’au maximum 1% pourrait s’ajouter à la hausse proposée, mais seulement si l’inflation dépasse 5% sur trois ans et si la croissance économique est au rendez-vous.

L’enveloppe offerte pour l’amélioration des conditions de travail demeure aussi la même. Les employés des services publics, notamment en santé et en éducation, font face à une importante surcharge de travail, qui provoque de nombreux départs et qui engendre une pénurie de main-d’œuvre. Ce sont donc les services eux-mêmes qui sont menacés en bout de ligne, et ce, en pleine pandémie, avertissent les syndicats depuis plusieurs mois.

L’absence d’ouverture manifestée par le gouvernement ne fait qu’aggraver le mécontentement des travailleurs.

« Le constat est simple : rien n’a changé. C’est quatre 30 sous pour une piastre. »

Andrée Poirier, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

« Le gouvernement ne prend pas la pleine mesure de la crise. »

Caroline Senneville, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Il s’agit simplement d’une « nouvelle opération de communication du gouvernement Legault », qui se trouve menacé par l’augmentation de la mobilisation des travailleurs et qui cherche à reprendre le contrôle du discours public, juge Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN.

Le nouveau refus du gouvernement de bonifier significativement ses offres pousse les employés de tous les services publics à accélérer leurs préparatifs en vue de la grève : les votes en faveur de cette mesure se multiplient à travers la province. Le personnel des cégeps qui ont fait la grève mardi prévoit encore quatre autres jours de débrayage si les négociations ne débloquent pas. Qui plus est, les enseignantes du primaire du secondaire affiliées à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) se tiennent prêtes à une grève générale illimitée, qui débuterait dès la fin du mois de mai. De nombreux autres votes sont prévus dans les prochaines semaines, notamment dans le secteur de la santé.

« Le message est clair, les gens sont tannés. »

Andrée Poirier, présidente de l’APTS


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