Photo : Tobias | Unsplash

Crise du logement : les promoteurs montréalais désormais obligés de construire des appartements abordables

Les nouvelles constructions comportant plus de cinq unités devront obligatoirement comporter des logements pour les locataires à faible revenu et pour les familles, a décidé Montréal. Ce nouveau règlement municipal vise à contrer les effets de la crise du logement, contre laquelle le gouvernement provincial se refuse à agir.

Depuis le 1er avril, à Montréal, les promoteurs immobiliers qui entreprennent des projets de construction de cinq logements et plus doivent réserver une place aux logements sociaux, abordables et familiaux.

Cette nouvelle mesure municipale vise à assurer la mixité dans tous les quartiers de la métropole, en permettant aux locataires moins riches de trouver un toit, malgré la tendance des développeurs à construire des habitations plus dispendieuses, et donc plus profitables. La nouvelle obligation remplace un programme précédent, qui reposait sur la collaboration volontaire des promoteurs, mais qui n’avait pas produit les résultats escomptés.

« Se fier à la bonne volonté des promoteurs privés, ça ne marche pas. »

Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Tous les nouveaux développements de plus de 450 mètres carrés devront obligatoirement prévoir 20% de logement social subventionné : les promoteurs pourront céder à la Ville un terrain vacant, ou encore un immeuble clé en main, en échange d’une compensation financière. Ils pourront aussi s’acquitter de leur devoir en versant une certaine somme destinée à la construction de logements sociaux.

De plus, entre 10% et 20% des nouveaux projets devront être constitués par des logements abordables (dont le prix est inférieur au marché), de même que  par des logements suffisamment grands pour bien accueillir une famille.

Les groupes de locataires se disent heureux de la nouvelle mesure, même s’ils jugent que la proportion de logements sociaux obligatoires aurait dû dépasser les 30% pour correspondre aux besoins réels des locataires.

Une grave crise du logement sévit à Montréal et ailleurs au Québec, les loyers connaissant une hausse marquée, liée à la spéculation immobilière. Alors que le gouvernement Legault ne fait rien pour régler la situation, la Ville de Montréal a choisi d’assurer elle-même l’avenir du logement abordable sur son territoire.

L’ex-maire de Montréal et nouveau candidat aux élections municipales, Denis Coderre, a déjà annoncé son opposition à la nouvelle réglementation.


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