Photo : Zhu Yi / Unsplash

Des migrants emprisonnés à Laval font une grève de la faim

Alors que des cas de COVID-19 ont récemment fait surface au Centre de surveillance de l’immigration (CSI) à Laval, sept personnes qui y sont emprisonnées mènent une grève de la faim. Ils jugent que la prison est un milieu excessivement dangereux en pleine pandémie et exigent donc leur libération immédiate.

Dans une déclaration publique, sept migrants détenus au CSI dénoncent la dureté et la dangerosité des conditions qui leur sont imposées. Ils annoncent aussi une grève de la faim pour obtenir leur libération immédiate.

Actuellement, 18 personnes au statut migratoire irrégulier sont enfermées au CSI. Katarina Larivière, de l’organisme Solidarité sans frontières (SSF), explique que ces détenus ne posent absolument aucun danger : plusieurs attendent simplement de recevoir des papiers, ou encore d’être expulsés du pays.

Le 15 février, trois cas de COVID-19 ont été détectés au CSI. Dès ce moment, tous les détenus ont été placés en isolement 24 heures sur 24 dans leur cellule, ne pouvant en sortir que pour utiliser la douche ou le téléphone, selon SSF, qui est en contact avec eux.

Mais en même temps, les mesures de prévention prises par le CSI sont « nettement insuffisantes », s’inquiètent les grévistes. Les allées et venues des gardiens hors de la prison continuent de poser de sérieux risques de contagion. Certains détenus qui vivent des symptômes de la COVID ne reçoivent que des Tylenols, affirment aussi les grévistes. « Nous souffrons beaucoup », déplorent-ils.

« Nous sommes désemparés et avons très peur pour notre santé. »

Marlon, Carlos Martín, Rafael, Mehdi, Alan, Karim et Freddy, détenus au CSI et grévistes de la faim

Pour protester contre cette situation inhumaine, un premier détenu, infecté à la COVID-19, a commencé une grève de la faim de dix jours le 15 février dernier. Six de ses camarades se sont joints à lui à partir du 1er mars. L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) nie les faits.

Les grévistes exigent d’être libérés immédiatement, puisque la prison constitue un milieu excessivement dangereux en pleine pandémie. Mme Larivière et SSF condamnent la détention comme politique migratoire et affirment que des alternatives plus appropriées sont tout à fait envisageables.

Au printemps 2020, une première grève de la faim au CSI avait forcé l’ASFC à libérer la majorité des migrants emprisonnés à Laval.


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