Photo : Medyalokal / Wikimedia Commons (License CC BY-SA 4.0)

Haïti : soulèvements populaires contre « une véritable dictature »

Le président en place s’accroche au pouvoir après la fin de son mandat et instaure une véritable dictature. L’opposition populaire exige son départ immédiat, mais aussi un changement de tout le système politique.

Le 7 février dernier, le mandat du président d’Haïti, Jovenel Moïse, est arrivé à son terme, mais il cherche à s’accrocher au pouvoir pour une autre année. De nombreuses organisations exigent son départ immédiat, conformément à la Constitution.

Jovenel Moïse, accusé de corruption, gouverne actuellement par décrets autoritaires, sans Parlement. Son pouvoir est soutenu par l’armée et la police, et des gangs armés font aussi régner la terreur, réprimant violemment la population sans que cela retombe sur le dos des élites politiques et économiques. Pour Jennie-Laure Sully, de Solidarité Québec-Haïti, le pays est sous « une véritable dictature ».

Un groupe d’opposition a choisi un juge, Joseph Mécène Jean-Louis, pour succéder à Jovenel Moïse. Il agirait comme président temporaire, afin d’assurer la transition, le temps d’organiser des élections.

Mais pour une bonne partie de la population, qui manifeste tant bien que mal, il faut bien plus qu’un changement de président. Ces citoyens « veulent complètement changer le système », explique Jennie-Laure Sully. Ils dénoncent la corruption, mais aussi toutes les mesures néolibérales. En retour, ils exigent de meilleures mesures sociales et des mécanismes pour favoriser une participation citoyenne véritablement démocratique.

« Il y a un rejet total de toute la classe politique, de toutes les grandes familles riches. Il y a un réveil citoyen, les manifestants disent : « on ne veut plus de ce système-là ». »

Jennie-Laure Sully, de Solidarité Québec-Haïti.

Plusieurs organisations civiles dénoncent le soutien international apporté à Jovenel Moïse par l’ONU, ou encore les États-Unis. Selon Mme Sully, des pays occidentaux, dont le Canada, s’allient avec le pouvoir corrompu de M. Jovenel parce qu’ils en retirent des ententes économiques avantageuses, pour l’industrie minière, par exemple. Le pouvoir à Haïti est « prêt à vendre le pays », et cela « fait l’affaire » du Canada, explique-t-elle. La Concertation pour Haïti demande au gouvernement canadien « de cesser de soutenir le régime criminel et inconstitutionnel de Jovenel Moïse ».


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