Photo : Vlad Vasnetsov / Pixabay

Viols, menaces et suicides : une « culture toxique » à la GRC

Le rapport sur les cas de discrimination et de harcèlement sexuels à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a été rendu public aujourd’hui. Des milliers de plaintes ont été évaluées ces trois dernières années, et les conclusions sont dévastatrices : « La culture de la GRC est toxique ».

C’est l’ex-juge de la Cour suprême du Canada Michel Bastarache qui a mené les travaux menant à ce rapport, intitulé Rêves brisés, vies brisées. Au total, ce sont 3086 plaintes écrites qui ont été analysées et 644 entrevues qui ont été menées afin de lever le voile sur la culture au sein de la GRC. La liste de faits allégués à l’endroit d’employés de la GRC est longue et accablante. On y retrouve, entre autres, des commentaires discriminatoires en raison du sexe ou de l’orientation sexuelle, du harcèlement à caractère sexuelle, des attouchements non sollicités ainsi que des viols. 

Plus accablant encore, cette culture était tolérée par les cadres, et toute dénonciation était découragée, parfois de manière violente. Dans certains cas, les femmes victimes étaient menacées de mort ou de ne pas recevoir de renforts en cas d’intervention si elles dénonçaient leurs agresseurs. Les victimes se sont retrouvées dans un état de détresse qui en a mené plusieurs à des troubles alimentaires, des dépressions, des syndromes post-traumatiques, des gestes d’automutilation, voire des tentatives de suicide.

« Nous avons entendu des récits de femmes assises avec leur revolver réglementaire dans la bouche, qui ne se sont pas suicidées uniquement parce qu’elles ont pensé à leurs enfants ou à leurs animaux domestiques. Des histoires déchirantes de désespoir. Une réclamante s’est suicidée pendant le processus de réclamation. »

Extrait du rapport Rêves brisés, vies brisées

Les évaluateurs concluent que le corps policier a été incapable d’assurer des conditions de travail sûres et que ces révélations ont « terni à jamais l’image de la GRC comme icône canadienne. »

Ce rapport n’est que l’élément le plus récent d’une série de révélations troublantes sur les comportements toxiques au sein des forces policières qui ont été faites cette année. Au mois de septembre, le rapport de la Commission Viens a fait la lumière sur le racisme dont sont victimes les personnes autochtones de la part des agents de la Sûreté du Québec. De même, en juillet, le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a reconnu l’existence de racisme systémique au sein de son organisation.


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