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Téo Taxi : PKP sacrifie les chauffeurs

Après presque deux ans d’inactivité, Téo Taxi reprend du service sous la gouverne de son nouveau propriétaire, Pierre-Karl Péladeau. Dans la nouvelle mouture, les chauffeurs connaîtront une importante baisse de revenus, un modèle qui rappelle celui qu’a imposé Pierre-Karl Péladeau au Journal de Montréal.

Dans la nouvelle mouture, les voitures sont la propriété de Téo et sont louées à des chauffeurs qui vendent leurs services en tant que travailleurs autonomes. Cela signifiera une baisse de revenu importante: les chauffeurs avaient un salaire de 15$ de l’heure dans le modèle précédent. Ils perdront aussi plusieurs bénéfices: des jours fériés, des vacances annuelles et des avantages sociaux. De plus, dans l’ancien modèle, les chauffeurs ne payaient pas pour la voiture qu’ils conduisaient.

En misant sur des travailleurs autonomes, PKP s’assurera que la main-d’œuvre lui coûtera moins cher, ce qui lui permettra d’engranger des profits. Cela lui permet aussi de mettre ses chauffeurs à pied du jour au lendemain. 

En octobre 2018, les chauffeurs de Téo s’étaient syndiqués. Quelques mois plus tard, l’entreprise fermait ses portes brusquement, laissant quelque 400 chauffeurs et 90 employés de bureau à eux-mêmes.

Pierre-Karl Péladeau a une histoire de relations tendues avec les salariés de ses entreprises. Comme patron du Journal de Montréal, de 2009 à 2011, il a privé ses employés de salaire pendant 764 jours pour ensuite en mettre à pied les trois quarts et imposer à ceux qui restaient de moins bonnes conditions de travail. Comme pour le Journal de Montréal qui bénéficie d’importantes subventions de l’État, Pierre-Karl Péladeau lorgne du côté du Fonds vert du gouvernement du Québec pour financer Téo Taxi.