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Des cadres de la santé recrutent du personnel dans le réseau public au profit de leurs agences privées

Des cadres de la santé à Montréal ont recruté des employés du réseau public pour les embaucher dans des agences de placement privées qu’elles ont fondées. Le gouvernement a ensuite offert des contrats à ces agences pour combler le manque de personnel en santé, déboursant des sommes plus importantes par employée que ce qu’il paie normalement.

Selon une enquête de La Presse, trois gestionnaires ont fondé l’agence DJL2 en 2019 et ont profité de leur rôle de cadre dans un institut public pour recruter du personnel pour celle-ci. Cette agence a ensuite reçu des contrats du réseau public qui manque cruellement d’infirmière. Cinq autres agences ayant reçu des contrats publics seraient également dirigées par des cadres du réseau de la santé.

Le syndicat des infirmières du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal a porté plainte concernant des tentatives de recrutement de la part de ces gestionnaires au profit de leur agence et une enquête interne a été amorcée. Bien qu’elles nient tout conflit d’intérêt, deux des gestionnaires en question ont vendu toutes leurs parts dans DJL2 dès que l’enquête a été lancée. La troisième a démissionné de son poste de cadre au public.

En ce moment, le réseau de la santé est obligé de faire appel à des agences de placement parce qu’il manque de personnel régulier pour assurer toutes les tâches, en particulier avec la pandémie de Covid-19. Le recours à ces agences coûte beaucoup plus cher que le personnel régulier : le double, parfois plus, du tarif régulier. Les agences ont profité du contexte de pénurie de personnel pour gonfler leurs prix. Avant la pandémie, la valeur des contrats des agences s’élevait à 218 millions $ par année pour la seule région de Montréal.